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De l’enfant sauvage à l’autisme.

De l’enfant sauvage à l’autisme.

Après un siècle de recherche, le cas des enfants sauvages apparaît sous un nouveau jour. Ils font partie de notre mythologie. On les imagine abandonnés au fond d’une forêt, ayant réussi à survivre seuls… Mais les enfants sauvages existent-ils ? Le plus célèbre fut Victor de l’Aveyron qui avait plusieurs symptômes de ce que l’on appelait alors « idiotisme ».

De nos jours, tout laisse à penser que Victor était un « autiste » ; les autistes souffrent de graves déficits dans la communication, le langage et l’adaptation sociale. Ils vivent repliés sur eux-mêmes, comme enfermés dans leur bulle. Crises de colère, gestes stéréotypés (balancements d’avant en arrière), arriération intellectuelle.

Que s’est-il passé ? Très tôt dans leur développement s’est déréglé un dispositif neuropsychologique qui affecte profondément la relation à autrui. Les causes restent énigmatiques. De nombreuses méthodes pour tenter de soigner l’autisme ont été expérimentées (TEACCH, programmes IDDEES, RDI, PECS et méthode Floortime, ABA). Les progrès sont réels. Mais si le cerveau n’est pas équipé correctement pour capter les informations, les mots, les regards, les caresses qui s’adressent à lui, même une sollicitation intensive ne parviendra pas à combler le déficit.

Exemple : tout végétal a besoin de lumière pour croître. C’est grâce aux photons de lumière que s’effectue la photosynthèse qui permet sa construction. Les feuilles vertes sont des capteurs de lumière. Si la lumière manque, alors la plante va dépérir. Le développement du cerveau semble guidé par le même processus. Nourrisson, nous sommes équipés de tout un arsenal d’émotions sociales (attachement, empathie) et de modules cognitifs tournés vers la connaissance d’autrui (reconnaissance des visages, détections des intentions). Si un dispositif de capture des informations sociales est défaillant, la socialisation ne peut se faire.

Jadis le sort des autistes se résumait à une alternative : la famille ou l’asile ! À partir des années 60-70, on a vu se multiplier les services spécialisés dans les hôpitaux psychiatriques…Puis dans les années 80, la psychiatrie s’est désinstitutionnalisée et l’on a ouvert les institutions vers l’extérieur : famille, école, centres éducatifs, le milieu professionnel et la ville. 

La prise en charge à évolué. Le terme de « trouble neurodéveloppemental » et son intégration parmi les « Troubles Envahissants du Développement » tendent à s’imposer.

Mais l’autisme est-il une maladie que l’on peut espérer soigner ou un handicap que l’on doit chercher à compenser ?  

Aujourd’hui, on améliore, on ne guérit pas ! L’objectif majeur est de permettre à l’autiste d’accéder à une meilleure autonomie et de s’insérer au mieux dans le milieu scolaire.

Source : Sciences Humaines, De l’enfant sauvage à l’autisme. N°212, février 2010

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DUMEZ melanie
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